On recense de nombreux sites préhistoriques et historiques dont le plus ancien est le dolmen de Gaoutabry, tombe collective datant de 2500 av. J.C., situé à 4 km au nord de la commune.
Aucune trace dhabitat des hommes de Gaoutabry na encore été découverte mais des vestiges de murailles, des fragments de poteries et de haches en pierre attestent de leur implantation sur nos terres.
Au VIIème-VIème siècles av. J.C., les Ligures avaient établi un habitat défensif, un oppidum, sur le Pic St Martin des Bormettes et aux Vanades, comme en témoignent des vestiges denceintes et la situation dominante et stratégique de ces lieux.
Les Bormani, peuple celto-ligure qui occupe un territoire délimité par les communes de Pignans au nord, Bormes à lEst et La Garde à lOuest, sont à lorigine du nom de quartier Les Bormettes.
Au VIème siècle av. J.C., les Phocéens exploitent les mines de plomb argentifère situées à lArgentière.
Mais cest le peuple gallo-romain (IIème siècle av. J.C.- Vème siècle ap. J.C.) qui a le plus marqué notre territoire : des vestiges de villas, métairies, puits, sépultures, poteries, monnaies antiques révèlent leur présence.
Des fragments doutils agricoles attestent de lexploitation des terres pour la culture de lolivier et des céréales dès cette époque.
Les Romains établissent un port à lArgentière pour lexploitation des mines.
Lempreinte du clergé
Entre le XIème et le XVIIIème siècles, notre territoire, désigné sous le nom de Bormette, est marqué par la présence des moines de St Victor de Marseille puis des Chartreux de Montrieux et surtout de La Verne qui acquièrent dimportantes propriétés par donations.
Ils construisent les premiers châteaux à vocation agricole, comme celui des Bormettes et du Bastidon.
Plantant et exploitant vignes et oliviers, ils contribuent au développement de ces cultures.
De La Londe Normande à La Londe Provençale
En 1678, Antoine Lemonnier, sieur de La Londe (Seine Maritime) acquière des terres dans notre contrée et se fait construire une maison nommée Château de La Londe , qui va transmettre son nom au village.
Si elle voit naître sa première maison villageoise, notre contrée nest encore cependant quun groupe de bastides et hameaux rattaché à la commune de Hyères. En 1788, elle devient paroisse.
En 1791, « La Londe », qui compte 132 habitants, apparaît sur le cadastre en tant que quartier et section de Hyères.
La Révolution et ses effets
Après La Révolution, les Chartreux sont totalement dépossédés de leurs biens.
Comme eux, les nouveaux acquéreurs continuent à défricher les terres pour leur mise en culture et construisent des hameaux, domaines, châteaux et bastides à vocation agricole.
La bourgeoisie simplante au cours du XIXème siècle, faisant édifier de somptueuses demeures. Ainsi, en 1855, Horace Vernet (1789-1863), peintre officiel de Louis-Philippe, acquiert le Domaine des Bormettes et se fait construire un château de style hispano-mauresque, reflet dune époque où la station hivernale que devient la Côte dAzur attire les illustres personnages en quête dexotisme.
Parmi la bourgeoisie, une grande famille a laissé son nom dans lhistoire. Possesseur dune grande partie de ce qui deviendra le village, la famille Allègre contribue par ses dons de terrains à sa construction.
Ainsi, léglise est édifiée en 1847 et une école communale voit le jour en 1884, place Allègre.
Lère minière ou la naissance dune commune
Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais et nouveau propriétaire du Domaine des Bormettes, redécouvre et développe le filon de plomb argentifère déjà exploité par les Grecs.
En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et lexploitation des mines de lArgentière démarre dès 1885, créant de nombreux emplois.
Ainsi, après avoir été un territoire essentiellement agro-pastoral, La Londe entre à la fin du XIXème siècle dans une ère minière.
Parallèlement, dautres filons sont découverts et exploités à La Rieille et au Verger (nord de la commune) à partir de 1890. Ces mines sont tellement prospères que leur exploitation nécessite la création dun chemin de fer en 1899, permettant le transport des ouvriers entre les différents lieux dextraction et lacheminement du minerai jusquà lArgentière où seffectuaient son traitement et son expédition par voie maritime.
Signe de prospérité aussi, une fonderie dont on voit encore limposante cheminée-tunnel est construite en 1897 pour traiter le minerai sur place.
La prospérité de la mine contribue directement au développement du village (création dun bureau de poste et télégraphe, dune gendarmerie
) et à la création de la commune.
A partir de 1890, le village souvre vers lextérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël. Gagnant peu à peu son autonomie, il demande son détachement par rapport à Hyères et est érigé en commune, le 11 janvier 1901.
La commune prend alors le nom officiel de La Londe Les Maures, le second toponyme, provenant du latin mauros qui signifie brun foncé, évoquant la couleur du massif.
Alors que le village croît, lexploitation des mines des Bormettes connaît une baisse croissante de sa productivité dès 1901 et cesse toute activité en 1929.
Profitant de la main duvre disponible de la mine déclinante, des sociétés simplantent sur La Londe, dont le groupe Schneider en 1907 qui installe une usine darmement.
Cette société contribue à lextension du village en faisant édifier, à partir de 1912, une véritable cité de type coron pour assurer le logement des ouvriers de lusine sur place. En 1920, une ligne de chemin de fer est créée pour assurer le transport des ouvriers et des marchandises vers le village. Cette ligne empruntait lactuelle Promenade des Annamites, baptisée ainsi en souvenir dune petite communauté dindochinois qui vivait pendant la première guerre mondiale près de cette voie, à lemplacement du Centre Odel Var.
Dans les années 40, la Marine sinstalle aux Bormettes, en devenant propriétaire du Château Vernet, de son parc, dune bâtisse servant de communs, du bâtiment de lAstrolabe et dune pinède.
Après La Libération, La Marine, qui avait été expropriée par les troupes doccupation allemandes, reprend possession de ses biens et y crée son premier centre de formation maritime. En 1972, le site devient la propriété du Ministère des PTT puis de France Telecom.
Depuis les années 50, du village de corons quelle était au début du siècle, La Londe est devenue peu à peu une station balnéaire et climatique qui conserve un caractère rural avec ses vingt domaines et châteaux viticoles, ses nombreuses serres et la plus grande oliveraie du Var.